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Chapitre 4

Je m'installai donc timidement sur le canapé de cuir noir et commençai à lui raconter.

Moi : Tout d'abord, je n'ai plus de parents. Je suis orpheline. Mes parents sont morts dans un accident de voiture. Il n'y a que moi qui ait survécu par je ne sais quel miracle. Par la suite, j'ai rencontré Mikaël, mon copain ... Enfin, mon ex ...Il est lui aussi orphelin, alors on se comprenait, on était dans le même cas. Mais il était assez violent et macho. Aujourd'hui, j'ai appris que j'étais enceinte depuis 1 mois. Quand je lui ai annoncé, il a voulu me faire avorter, mais pour moi, il est hors de question que j'aille à l'hôpital, je ne veux plus jamais rentrer dans un hôpital. Alors, il m'a frappé et chassé de notre ... logement. C'est pour ça que j'ai l'arcade explosée et la lèvre ouverte. Il m'a balancé contre la porte.
Bill [ayant l'air en colère] : Quel enfoiré ! Pardon ... Ecoute, pense au mieux. Tu ne penses pas qu'il serait mieux d'avorter que de laisser vivre ton bébé dans des conditions difficiles ?
Moi : Oui, je sais ... Mais dès que je rentre dans un hôpital, je deviens folle, comme claustrophobe. Il faut que j'en sorte, j'étouffe là-dedans.
Bill : Bon, réfléchis bien, je pense que tu fais une erreur en le gardant. Mais je vais aller à la pharmacie te chercher du désinfectant et des compresses pour te désinfecter tes blessures !


Il se leva. Moi, je restais pétrifiée. J'avais vraiment peur de me faire avorter, pourtant il a raison. Je ne peux pas garder cet enfant. Il faudrait que je fasse une fausse-couche pour bien faire. Mais c'est compliqué ... Et puis, en y repensant, si je la fais trop tard, il faudrait que je me fasse aussi opérer pour éliminer les restes du bébé ...
Pourquoi veut-il m'aider à ce point ? Je ne me sens pas à l'aise face à tout cette aide. Je l'aime bien, oui. Mais je me demande si je ne préfèrerais pas rester dans la rue comme à mon habitude.


Moi : Bill !
Bill : Oui ?
Moi : Merci pour tout !
Bill : De rien ! =)


Ma phrase tournait fausse. C'était un merci d'adieu. Je ne veux pas lui infliger des responsabilités, des emmerdes. C'est décidé. Pendant qu'il sera à la pharmacie, je partirais. Je lui laisserais un mot pour lui expliquer mais je ne me sens pas à l'aise. Mon coeur n'arrête pas de se stopper et de recommencer à battre depuis que je suis arrivée ici. Je ne me sens pas là où il faudrait que je sois. La mort m'appelle. Je n'ai plus rien à faire dans ce monde. Ma phobie des hôpitaux m'empêche d'avorter. Mon bébé vivrait dans des conditions pourries, d'ailleurs avec mes revenus peu stables, il ne survivrait pas et puis moi, je ne serais pas heureuse. Je ne suis plus heureuse. Il y a bien longtemps que je pense au suicide. Je me rappelle encore quand tout allait bien. Je trouvais ça tellement stupide. Aujourd'hui, je peux comprendre certaines personnes. Je sens que mon heure est arrivée. Que mon destin est dans les mains de la mort et que je n'ai plus le choix, que c'est une fatalité. Que quoi qu'il arrive, je vais mourir.
Ma décision est prise. Je pars.
Bill enfile sa veste, enfourche son sac sur son épaule, m'adresse un dernier sourire plein d'espoir avant d'ouvrir la porte et de la refermer sur lui. La voie est libre. Je peux y aller.
Je monte dans ma chambre, trouvant le chemin vers celle-ci plus facilement que ce que je ne le pensais et réenfourche mes vieux habits. Je redescend et farfouille dans les tiroirs pour trouver du papier et un crayon. Mais je n'arrive pas à en trouver, de peur de trop fouiller et de me faire surprendre. Je monte donc vers la chambre de Tom, même si mon envie n'est pas trop de mon côté physique et puis je frappe à sa porte.


Tom : Oui, entrez ?

J'ouvre la porte et vois Tom en caleçon tentant désespérément de croiser les jambes pour cacher quelque chose. Il est assez rouge mais moi, tellement pensive à ma mort prochaine, je ne comprends rien.

Tom : Tu veux quelque chose ?
Moi : Oui, du papier et un crayon s'il te plaît.
Tom : O... K !


Une fenêtre plutôt pornographique venait de s'ouvrir sur l'écran de son ordinateur.

Tom : Merde ... Désolé, je ... C'est naturel ? =D
Moi : Ne t'inquiète pas ...


Lui, il était rouge de honte mais moi je m'en foutais, tout ce que je voulais c'était une feuille de papier et un crayon. Il se leva difficilement de son fauteuil, probablement gêné par son érection. Il trifouilla dans le tiroir d'une commode et me tendis une feuille et un stylo.

Moi : Merci ...

Je descendis au salon, m'appuyai sur la table et commençai à écrire.

Bill,
Tu as fais tellement de choses pour moi en si peu de temps ...
Je ne pourrais jamais te remercier pour tout ça, je ne pourrais jamais te rendre l'argent que tu dépenses pour moi. Tu n'arrêtes pas de me répéter que ça ne te dérange pas, que tu le fais avec plaisir, moi, je ne me sens pas à l'aise. Tu fais tellement d'efforts pour m'accueillir et me faire retrouver le sourire que j'ai honte de ce que je vais faire.
Je ne me sens plus à l'aise dans ce monde.
Je sais bien que ce que je vais faire est idiot, quand j'étais petite, je criais sur les morts qui s'étaient suicidés. Mes parents souriaient tout le temps quand je faisais ça. Mais maintenant que je suis à leur place, que je ne ressens plus ce besoin de vivre, que je n'ai plus personne qui m'aime, je les comprends. Et je comprends qu'ils doivent être heureux maintenant.
Ma phobie des hôpitaux est irréfutable !
Mon bébé naîtrait dans des conditions tellement pourries qu'il en mourrait !
Mon c½ur ne cesse de s'arrêter en écrivant cette lettre.
Je ne te connais pas, et tu ne me connais pas, pourtant, mon c½ur se déchire en écrivant tout ça. J'ai du mal à croire qu'après tout ce que tu as fais pour moi, je vais te laisser comme ça.
Merci. Merci pour tout. S'il te plaît, n'essaye pas de me retenir.
Ca ne ferait que retarder le processus.
Il faut être réaliste, tu ne m'accueilleras pas infiniment chez toi. Et moi, je ne pourrais pas profiter infiniment de ton aide qui m'a été si précieuse. Qui m'a fait croire à un monde meilleur le temps de quelques heures.
Bill, je t'aime tellement, je tiens fort à toi, dès que je t'ai vu, une lueur d'espoir m'est apparue dans les yeux, comme si tu étais Dieu. Celui qui allait me sauver. Pourtant, on est sur Terre, dans un monde réel, où chacun à son rôle.
Un rôle bon ou mauvais. Moi, le mien est maintenant de mourir.
Encore merci pour ces quelques heures de bonheur.

Amélie


Je mets ma lettre sur la table de façon visible pour qu'il la remarque facilement. Je sens qu'un lien nous lie et que je vais le briser, mais je n'ai plus le choix. Je sens des larmes invisibles coulées le long de mes joues. C'est décidé, personne ne pourrait m'arrêter.
J'ouvre la porte et pars dans le froid de Hambourg. Le ciel s'est couvert malgré le soleil rayonnant de tout à l'heure. J'ai l'impression que le temps s'est arrêté de tourner. C'est bien le cas. Pour moi, la vie s'est arrêtée. Il n'est question que de quelques minutes.
Mais avant de sortir de la ville et de mettre fin à mes jours, je dois passer une dernière fois chez « nous ». Il m'a tellement aidée. Je l'aime. Malgré tout ce qu'il m'a fait. Il m'a aidée à endurer des périodes difficiles comme moi j'ai pu l'aider. On a lutté ensemble contre le regard des autres. Je dois le voir une dernière fois.
Je me dirige donc calmement vers notre appartement, ma respiration est calme même si ma mort approche de plus en plus. Je pensais avoir peur de la mort puis quand on se retrouve face à elle, elle nous apaise.


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Fin du Chapitre 4.
J'avoue j'ai encore du retard ...
Désolé mais le rythme du lycée n'est plus le même que celui du collège.
J'ai eu pas mal de contrôles ces derniers temps.
Donc j'ai mis du temps à mettre la suite.
J'espère tout de même que ça vous plaît ?
Enfin un peu d'action.
Donnez-moi vos avis sincères.
Suite dans 100 com's.
Chapitre 4

# Posté le samedi 04 octobre 2008 13:01

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