[POV d'Amélie [moi]]
Il fait nuit. Tout le monde dort dans le quartier. Sauf moi. Je suis assise sur le rebord de la fenêtre, mes jambes pendant dans le vide et j'admire le ciel étoilé tout en réfléchissant. Je réfléchis oui. Je réfléchis à ma journée. Cette petite sortie m'a fait plutôt du bien. Je me revoyais quelques années auparavant, moi, marchant dans la rue avec ma mère, entrant dans les magasins qui étaient susceptibles de nous intéresser, et admirer n'importe quelle babiole. Ca faisait un moment que je n'avais pas repensé à mon passé. Mon passé paradisiaque. Celui où mes parents étaient encore vivants. Celui où je ne connaissais pas Evan. Celui où tout allait encore très bien et où mes rêves n'étaient fait que de princesses et de princes charmants.
Sauf qu'aujourd'hui ma mère c'était Bill. Et comme quelques années auparavant, c'était lui qui me guidait dans les magasins et me montrer des habits. Ca aurait du me rendre triste et nostalgique mais ça a eu l'effet inverse et je crois que c'est bien mieux.
Il m'a payé quelques vêtements que je compte bien essayer de lui rembourser. Oui je dis bien essayer car je ne sais pas encore comment trouver de l'argent.
Je me sens bien ce soir. C'est pour ça que je suis assise à ma fenêtre, je n'arrive pas à dormir, je suis trop bien.
Je change de positions, m'appuie contre le mur et remonte mes jambes contre mon torse en les entourant avec mes bras.
Mon sourire est collé à mon visage inconsciemment. Je repense à tout depuis le début. Je ne remercierais jamais assez Bill et Tom, même si j'ai revu Evan, ils m'ont énormément apportée. Non seulement un logement mais une amitié. Ils m'ont redonnée confiance en moi. Et je crois que c'est l'une des meilleures choses qui me soit arrivée.
Je reste là, un long moment et alors que je m'apprêtais à retourner dans mon lit pour essayer de dormir j'entends des pas dans la maison. Je descends de ma fenêtre, la referme et entrebâille ma porte pour voir qui est debout. J'aperçois la silhouette de Bill rapidement et finalement, je referme la porte et m'allonge dans mon lit.
Mes paupières commençaient à se faire lourdes. Mais j'entendis alors le bruit d'un moteur de voiture. Je me levai en vitesse pour voir à la fenêtre ce qu'il se passait et je vis Bill partir en voiture. Il travaille de nuit ? Il se passe quoi ? J'avoue ne pas comprendre la raison de son départ alors qu'il est minuit passé, et je m'inquiète un peu.
Je descendis alors au salon, pris un bouquin au passage dans la bibliothèque du couloir et commençai à lire en attendant son retour.
Je n'arrivais pas vraiment à lire. Mes yeux faisaient plusieurs allers-retours sur les lignes du livre car mon esprit était trop occupé à penser à ce que pouvait faire Bill à cette heure-ci de la nuit. Puis finalement, mes yeux se fatiguèrent assez vite et je n'ai pas réussi à lutter bien plus longtemps contre le sommeil.
Un grand fracas me réveilla en sursaut.
Puis j'aperçus Bill sur le pas de la porte. Il faisait sombre et la seule chose que j'arrivais à discerner était ses yeux rouges, complètement dilatés.
Moi : Bill, tu m'as fait peur ...
Bill : Ah ouais ?
Un sourire sadique pris place sur son visage. Bill, t'es bourré, fais pas de conneries.
Il s'approcha doucement du canapé où je me situais avec un regard qui avait une réelle envie de me tuer, de me faire fondre sur place.
Bill : T'as raison d'avoir peur, pouffiasse !
Moi : Bill, t'es bourré ...
Bill : Oui, je sais, mais je suis assez conscient pour me rendre compte que tu profites de mon hospitalité sale pute !
Moi : Bill, ce n'est pas vrai, je ... ce n'est pas vrai...
Bill : SI C'EST VRAI ! TU M'AS MEME EBOUILLANTE AVEC TON CAFE !
Moi : Je n'ai pas fait exprès ...
Bill : TA GUEULE DEGAGE DE CHEZ MOI !
Moi : Bill, t'es bourré ...
Bill : TA GUEULE DEGAGE !
Moi : Tu m'avais dit que je pouvais avoir confiance en toi ...
Bill : TU NE SAIS PAS QU'IL NE FAUT PAS FAIRE CONFIANCE AUX GENS QUE TU NE CONNAIS PAS ?! MAINTENANT DEGAAAAGE !
Je me mis alors à trembler, à avoir des spasmes qui me paralysent quand il me répéta une énième fois de dégager. Je me suis mise alors à courir vers la porte à sortir à toute vitesse en faisant claquer la porte contre le mur. J'entendais Tom qui criait sur Bill mais il a raison, on ne doit jamais faire confiance aux gens qu'on ne connaît pas. Je n'aurais jamais du accepter tout ce qu'il m'a offert.
Je ne sais pas où je vais. Mais je cours le plus loin possible de lui. D'eux. Je veux tout oublier, je ne veux plus les revoir. Je veux me débrouiller toute seule, me sortir de cette merde toute seule.
Mes pieds sont glacés, je ne les sens plus à travers les petites baskets de ville que Bill m'a offert cette après-midi. J'étais heureuse, pourquoi tout s'est retourné d'un coup ? Je ne comprends plus rien à ma vie. Je veux tout redémarrer. J'aimerais retourner dans le ventre de ma mère, ne pas avoir joué avec Evan, ne pas voir mes parents mourir, ne pas me retrouver seule, ne pas avoir rencontré Mika, ne pas avoir eu à demander de l'aide à Bill.
Je me retrouve finalement à marcher dans une rue pas très nette. J'ai arrêté de courir car je pense que je suis assez loin de tout. Je suis exténuée, mon c½ur bat à mille à l'heure. J'ai du mal à reprendre mon souffle. Je n'ai jamais eu beaucoup d'endurance.
Je m'assois alors sur le bord d'un trottoir entourée d'autres personnes. Mais ces personnes, je m'en fiche un peu. Mon esprit est vide. Je n'arrive plus à penser. Je n'arrive plus à respirer. Je n'arrive plus à m'enlever cette image de la tête. Celle des yeux dilatés et rouges de Bill quand il est rentré brutalement tout à l'heure. Tout à l'heure ? Cette nuit ? Je n'ai plus de repère dans le temps. A vrai dire c'est comme s'il s'était arrêté. Mais je peux voir qu'il fait encore bien nuit.
Il doit être aux alentours de 4h du matin. Le bruit d'une voiture se fait entendre ainsi qu'une certaine agitation. Des voix de filles résonnent tout autour de moi sans que je comprenne réellement ce bruit. Puis la voiture se stoppe devant moi, j'ai peur de lever la tête. Peur de voir le visage de Bill ou Tom dans cette voiture. Puis on m'interpelle par un simple « hey ».
Je lève alors le visage pour voir la tête d'un homme qui m'est totalement inconnu.
Homme : Hey toi ! Monte !
Moi : Je ... Désolé mais vous devez vous tromper, on ne se connaît pas.
Homme : Bien sûr qu'on ne se connaît pas, mais on n'a pas besoin de se connaître pour ça.
Moi : Comment ça ? Vous devez faire erreur.
Homme : Bon écoute, soit tu te dépêches de me dire combien tu prends soit je dégage.
Moi : Mais, vous vous trompez, vous me prenez pour quelque chose que je ne suis pas.
Homme : Ah ? Et pour qui je devrais prendre une belle fille assis la nuit dans un quartier de prostituée ?
Moi : Mais je ne suis pas une prostituée !
Homme : Dommage pour toi ma belle, tu te ferais pleins de frics. Bye, bonne fin de soirée.
[Ellipse]
Les bouteilles d'alcool fusent. Les nanas en mini-jupe n'arrêtent pas de se déhancher ou d'embrasser langoureusement les hommes d'une quarantaine d'années, quasiment tous mariés. Moi-même je suis en train d'embrasser un homme.
_______________________________________________________________________________________
Je suis réellement réellement désolée!
Mon retard ne pourra jamais être pardonnée mais je n'ai vraiment plus la même passion d'écrire des fictions qu'avant ou plutôt je n'ai plus le temps.
Je pourrais le trouver mais j'ai d'autres choses à me préoccuper...
En plus, je ne vous ai pas prévenu pour l'autre suite...
Enfin j'espère que cette suite vous plaît quand même.
Je ne demande pas un nombre de commentaires car je suis persuadée qu'il n'y aura pas beaucoup de gens qui liront cette suite...
Mais tant pis, je la mets pour ceux qui la veulent et même s'ils sont peu nombreux.



